Est-ce qu’il existe des codes dans l’architecture d’intérieur d’un chalet ?

Tout à fait, en commençant par le choix des matériaux. En montagne, nos clients sont dans une quête d’authenticité et rêvent quasi-unanimement de matériaux intemporels, comme le vieux bois, la pierre ou le métal. En décoration, c’est pareil : leurs goûts vont se porter sur des matières chaudes et réconfortantes comme les belles laines. Notre valeur ajoutée va donc être d’imaginer une variation, qui viendra interpréter la personnalité d’un client.

Comment vous y prenez-vous ?

Nous discutons beaucoup afin de connaître notre client et savoir où nous pouvons l’emmener, par exemple dans le choix d’un mobilier qui apportera du tranchant. On va aussi s’efforcer de réveiller la tradition avec des touches très contemporaines, en s’appuyant sur des créateurs comme le designer Benoit Chabert ou l’ébéniste Olivier Dollé qui n’hésitent pas à revisiter les basiques montagnards. L’objectif, quel que soit le parti-pris décoratif, est de susciter un effet waouh, qu’on se dise « ici, il se passe quelque chose ». Cela peut être une belle hauteur sous charpente, une photo rétro-éclairée qui va se refléter dans une piscine intérieure...

Est-ce que l’enjeu de certaines pièces évolue ?

Oui, le ski room, la pièce dans laquelle on entrepose le matériel de glisse – skis, chaussures, etc. – tend à devenir une pièce à part entière, qui va intégrer un sol textile sur lequel on pourra marcher aussi bien en chaussures qu’en chaussettes, une salle de bains ou un écran qui permettra de s’informer de l’évolution des conditions d’enneigement. De même, nous travaillons aujourd’hui beaucoup sur l’aménagement de multirooms dans les sous-sols des chalets, qui tiennent à la fois de la salle de cinéma et de la salle de jeux, et qui sont devenus de véritables espaces de vie que les occupants aiment à profiter en soirée ou en cas de mauvaise météo.