Quel est aujourd’hui l’état de la filière ?

Il est paradoxal. D’un côté, les deux dernières années ont été les meilleures des quarante dernières années, grâce au développement du slow tourisme. Mais quinze sites concentrent à eux seuls 80 % des revenus. Les autres, plus de 200, stagnent : 90 % des sites n’atteignent pas l’équilibre financier. L’économie du nordique reste ainsi déficitaire et il s’agit de trouver de nouveaux modèles, d’où le lancement de cette étude. 

Comment va-t-elle démarrer ?

Un premier comité de pilotage a déjà permis de réunir les acteurs, de l’État à la Fédération française de ski en passant par les collectivités. Au cours de l’hiver, nous affinerons le constat avec l’aide du cabinet Utopies, qui va analyser les données comptables de différents sites afin de connaître les retombées directes et indirectes de la filière. En parallèle, nous lancerons une phase de benchmark international pour voir ce qui se fait à l’étranger, notamment au Canada, en Italie ou en Autriche. Ensuite, plusieurs groupes de travail plancheront pendant six mois sur des solutions en matière de gouvernance, de tourisme ou de marketing.

En vue d’une mise en œuvre ?

Une expérimentation sera effectivement menée durant l’hiver 2020-2021 sur une quinzaine de sites pilotes. Un site pourra par exemple abandonner le système de redevance existant aujourd’hui au profit d’un autre. Le but est de tester des choses en conditions réelles, dans un cadre d’équilibre financier et dans le respect des valeurs de la filière, comme la proximité. Enfin, après analyse des retours, nous accompagnerons le déploiement de nouvelles solutions, selon les spécificités propres à chaque site.

Cette étude constitue donc un enjeu majeur ?

Absolument. Nous assistons à un vrai renouveau des pratiques et des publics et il s’agit de nous mettre au niveau des attentes pour rendre la filière plus moderne et performante pour répondre aux 5 millions de personnes accueillies chaque hiver. L’objectif, c’est que d’ici cinq à dix ans le nordique soit au cœur de l’offre des massifs, avec le développement d’activités innovantes tels que le trail blanc ou le Fat Bike.

Vincent Berlandis

Directeur de Nordic France