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Nous sommes fin septembre. Quelles sont les données en votre possession ?

À date, tous massifs confondus, nous constatons une légère baisse de 0,7 point sur les produits locatifs avec un taux d’occupation de 51,3 % sur les huit semaines correspondant aux vacances d’été, contre 52 % en 2017. En juillet, le démarrage a été particulièrement tardif, avec une combinaison de facteurs d’ordre structurel (sur le temps long, on assiste à une concentration des départs sur le mois d’août) et conjoncturel (la Coupe du monde de football) qui ont pesé sur l’activité. En revanche, le taux d’occupation durant le mois d’août se situe au niveau des bonnes années, avec des taux de 76 % et de 78 % pour les semaines du 4 et du 11 août, les plus denses de l’été.

Au-delà du transfert de flux entre juillet et août, 2018 confirme-t-elle d’autres tendances lourdes ?

Oui, et notamment la fragmentation des séjours, qui sont de plus en plus courts, en lien avec une nouvelle façon de gérer ses congés : aujourd’hui, on part moins longtemps mais plus souvent. Un phénomène qui contraint les opérateurs à devoir faire encore plus d’efforts pour renouveler leur clientèle et gérer des rotations plus fréquentes. Pour revenir encore un peu sur l’analyse calendaire, on peut aussi signaler que nous observons une montée en puissance de l’arrière-saison, en particulier la dernière semaine d’août, qui séduit de plus en plus, ainsi que le mois de septembre : l’été indien en montagne attire !

Cet été, la presse s’est fait l’écho d’un intérêt accru pour la montagne en raison de la météo caniculaire. Votre sentiment ?

En station, on ne trouve pas dans les chiffres les preuves concrètes d’un « effet canicule ». Mais on a des retours, pour l’instant empiriques, quant à un trafic plus soutenu en 2018 dans les zones de piémont lesquelles auraient ainsi agrégé des flux supplémentaires, générés par des touristes recherchant de la fraîcheur. Cela dit, pour ce qui est des territoires de haute altitude ou d’altitude intermédiaire, ce qui, en mon sens, doit booster demain la fréquentation estivale, c’est le développement de nouvelles activités, tel le vélo à assistance électrique, qui viendront renforcer l’attractivité de la montagne, notamment auprès d’une clientèle peu encline aux activités demandant un effort important. Le modèle économique de la montagne est encore trop orienté hiver. Or, l’été est une saison qui est aussi fondamentale pour l’avenir, pour des raisons à la fois économiques – les volumes additionnels liées à l’été sont loin d’être négligeables – et sociales – il est dans l’intérêt de tous, opérateurs et populations, d’offrir une montagne qui vit toute l’année.